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Sur les origines ésotériques et les objectifs de « Nouvelle Acropole »

ru1999,Langue originale : RusseLire dans la langue originale
Auteur : Elena SikirichPrésidente de l’association culturelle « Nouvelle Acropole » en Russie ; philosophe et psychologue.
Traduction automatiquedocuments internes du Nouvel Acropolis

Source: no-acropol.info

Conférence d’Elena Sikirich pour les membres des « Forces vives » sur les sources ésotériques et les tâches de la « Nouvelle Acropole »

Stage d’été des « Forces vives » (séjour d’étude dans la nature), 1999
Fragments de la transcription d’un enregistrement audio

[...] D’où vient l’école de disciples ? Quelle est exactement notre tâche ? Quelle est la tâche des Forces vives dans l’école, à l’intérieur des Forces vives, dans le monde extérieur ? Quel est ce grand rêve que nous devons réaliser ou commencer à réaliser avant l’an 2000 ? Quelles sont nos responsabilités ?

[...] HAL dit clairement que la tâche de l’Acropole, en réalité, est une nouvelle tentative de donner une impulsion à la sixième sous‑race de la cinquième race. Notre tâche, à travers tout ce que nous faisons, est de donner l’impulsion à la sixième sous‑race de la cinquième race. Cette impulsion a déjà été donnée de nombreuses fois, avec un succès variable, en commençant par l’Égypte, la Grèce, un peu au Moyen Âge, puis de nouveau à travers la Renaissance, et les derniers à avoir eu cette mission furent la Société Théosophique.

[...] La première chose que nous devons comprendre, c’est que l’Acropole n’est pas simplement une école. L’Acropole a été fondée comme un nouvel élan. Un nouvel élan parmi les millions, les centaines de milliers d’élans qui se poursuivent depuis la fondation de la grande Loge blanche et depuis que sont descendues dans le monde humain des entités élevées, des Seigneurs et des Prométhées. [...] L’Acropole est un autre élan, au XXᵉ siècle, du grand pacte qui fut conclu deux fois, en réalité : une fois il y a 18 millions d’années, et une seconde fois confirmé il y a un million d’années, quand la cinquième race était déjà fondée. Et que chaque acropoliste, en vérité, chaque disciple [...] porte en lui le souvenir de ce grand pacte que les Maîtres ont conclu en notre nom. Et ainsi, l’Acropole est une nouvelle tentative de la hiérarchie, de la grande Loge blanche, pour donner une impulsion : en des temps très difficiles, faire renaître les mystères sur la terre et empêcher (je cite simplement HAL) que les frères des ténèbres ne prennent une fois encore le dessus.

[...] Et le fait que nous, si petits, ayons aujourd’hui le droit de parler de ces grandes choses, ce n’est pas pour parler, c’est pour comprendre, d’une certaine façon, que la tâche est lourde et même pratiquement impossible. Mais nous ne sommes pas seuls : derrière nous se tient une véritable hiérarchie de grands Seigneurs qui ont tenté la même chose des dizaines de milliers de fois, peut‑être, et à coup sûr, parfois avec nous. Et en ce sens, on peut dire que si aujourd’hui nous portons ce nom, cela ne signifie pas que c’est la première fois que nous travaillons à cette tâche. [...] On peut dire que l’Acropole, en réalité, s’est réincarnée au cours de nombreux millénaires avec les mêmes âmes élevées, les mêmes grands Seigneurs, le même HAL, qui portait un autre nom, Délia, et que c’est là une de nos réincarnations.

[...] Les moments les plus lumineux, les plus forts, où notre famille a laissé ses traces [...] ce fut l’Égypte. Ce furent différentes époques. Mais l’époque qui, du point de vue des souvenirs, est la plus proche, c’est l’époque de Thèbes. Nous sommes des Thébains [...] Tous nos enseignements, toutes nos connaissances, tous nos souvenirs, toute notre protection et le patronage des grandes entités, par HAL et à travers HAL, nous les avons apportés dans ce monde, à cette époque‑ci, depuis Thèbes, depuis l’Égypte. Surtout depuis cette période de transition, assez sombre, où pour la dernière fois l’école thébaine a surmonté l’état de décadence et de chute dans le Nouvel Empire, a surmonté cet état de ténèbres dans le Nouvel Empire qui l’a attaquée au temps d’Akhenaton et de Toutankhamon. Quand, une fois encore, on a réussi à sauver les grands mystères et la sagesse cachée de la destruction directe par les matérialistes.

En réalité, on a réussi à différer ce moment jusqu’aux XIXᵉ et XXᵉ siècles, quand, hélas, notre famille n’a plus pu lui résister. L’une des conséquences de cela fut, entre autres, la révolution en Russie. Ce qui s’est manifesté au XIXᵉ et au XXᵉ siècles comme une poussée brutale du matérialisme, du positivisme, etc., aurait pu survenir bien plus tôt, s’il n’y avait pas eu notre famille, le quatrième rayon, s’il n’y avait pas eu Thèbes. Et s’il n’y avait pas eu ces grands efforts alors que tout commençait déjà à dégringoler.

Et l’on dit que c’est à ce moment‑là que les Maîtres et la hiérarchie ont élaboré un plan pour tenter de donner l’impulsion à la sixième sous‑race de la cinquième race. À travers différentes époques, différentes générations, à travers diverses familles ou « volées » spirituelles, mais dont la base était la famille du soi‑disant quatrième rayon, ou famille thébaine, à laquelle nous appartenons.

Une partie de ce plan, à laquelle notre famille participa directement (et le souvenir s’en garde au cœur de tout véritable acropoliste), consistait à transférer les mystères d’Égypte en Europe, d’Afrique en Europe, car l’Europe devait devenir le berceau de la prochaine sous‑sous‑race de la cinquième race. C’est ainsi qu’est né le fameux Anax, auquel nous appartenons. Ceux qui portent un tee‑shirt avec notre logo NA savent très bien que ces lettres contiennent le mot Anax. Les mêmes lettres. L’histoire se répète depuis l’Atlantide. Notre famille est choisie comme porteuse de la mission. De grands Seigneurs sont choisis pour protéger ces impulsions ; près d’eux sont choisis de grands initiés ; sont choisis des disciples acceptés ; et sont choisis de petites fourmis, parmi lesquelles nous nous trouvons aussi, afin de faire renaître les anciens mystères en Grèce. C’est ainsi que naissent les rois célèbres, les prêtres, les initiés [...] et leur symbole était un char tiré par des tigres.

[...] D’un côté, notre famille est passée par les présocratiques ; tous les philosophes dont le nom contient la racine « Anax » ; Pythagore, Platon ; les stoïciens (je vais même plus loin, jusqu’à Rome), ce sont tous les nôtres, ce sont les nôtres qui sont passés là. Cela ne vous étonne‑t‑il pas que leur enseignement nous soit si proche ? Pourquoi, lorsque nous lisons les stoïciens, avons‑nous l’impression d’écouter HAL ? Quand nous lisons Marc Aurèle, n’a‑t‑on pas l’impression d’écouter HAL ? Ou lorsque nous lisons Socrate, Platon, les anciens écrits égyptiens ? Tout cela vit en nous, nous ne lisons pas, nous nous souvenons.

Le foyer de la civilisation, le foyer de ce qu’on a appelé le petit État idéal, qui ne put malheureusement se maintenir, ce furent Athènes, le siècle d’or de Périclès. De là vient notre nom dans cette époque‑ci, de là nous a été donné le nom de Nouvelle Acropole. Là où l’on réussit à faire coïncider noblesse, justice, forme pure de civilisation humaine, avec la formation de noyaux de disciples. Parce que la tâche était de créer, d’époque en époque, une chaîne pour transmettre le flambeau. Et tous les épisodes des ordres de chevalerie, je le rappelle encore une fois, toutes les sagas sur le roi Arthur, sur les chevaliers de la Table ronde, ne sont que des échos, des souvenirs médiévaux d’Anax. L’idée de l’île, c’est‑à‑dire des lieux purs sur la terre, des chakras de la terre, où résidait alors la grande Loge blanche ou ses branches, vient de là. Le premier, en Europe, à recevoir la tâche de créer une copie de l’Île des Maîtres en divers points de la planète, d’où naît la notion même d’« école ésotérique », ce fut Anax.

[...] L’un des bastions d’Anax, son dernier bastion puissant, fut Alexandrie, l’école néoplatonicienne. Et comme le disait HAL, quand nous l’avons rencontré il y a bien longtemps : comprenez‑moi, je ne me vante pas, mais dans notre famille il y eut et il y a des rois, des prêtres, des philosophes, des maîtres, des disciples, des dames, des chevaliers et des martyrs. Et, malheureusement, l’histoire du Sérapeum est notre histoire à nous. Ce n’est pas notre défaite, mais le moment où nous n’avons pas réussi à résister à l’assaut, lorsque l’une de nos maisons de vie, l’un de nos centres les plus secrets, fut détruite jusque dans ses fondations. Il existe encore des temples souterrains du Sérapeum à Alexandrie, qui subsistent, mais dont nul ne connaît les entrées et nul ne sait qu’ils subsistent. Nos temples existent encore. [...] L’histoire d’Hypatie à Alexandrie. C’est notre martyre, l’une des nôtres. Là encore des temps dont le souvenir est douloureux. Nous avons eu des victoires, des défaites, et un martyre qui n’est pas une défaite, mais un martyre sur l’autel, un sacrifice. Il y a eu tant, tant de choses dans l’histoire de notre famille.

Marc Aurèle est des nôtres. Le dernier empereur romain, Julien, rêve qu’un aigle s’envole vers l’Orient, revient, quitte l’Europe et emporte avec lui ses signes sacrés. L’aigle d’or, c’est‑à‑dire l’homme en vêtements sacrés, le prêtre‑roi de notre symbole, est le symbole des rois d’Anax, ou du roi des rois d’Anax. Il existe un grand Maître, qu’on appelle également ainsi, qui depuis lors et jusqu’à aujourd’hui est le protecteur principal et essentiel de l’Acropole. Et c’est par son inspiration et son impulsion que HAL a reçu tous nos symboles. Ses mystères sont inscrits dans notre drapeau. C’est Anax. Ses mystères sont inscrits dans l’aigle. Nous avons, vous et moi, de très nombreux mystères cachés, que nous ne connaissons pas nous‑mêmes et dont on ne parle évidemment pas, sauf dans des moments très subtils et importants, afin de nous souvenir, de tirer des leçons de l’expérience passée et de trouver des forces. Parce que d’autres batailles nous attendent, en rien moindres que celles qui ont déjà eu lieu.

[...] Anax cessa presque de se manifester au Moyen Âge. Au Moyen Âge, nous nous reposions. Mais il y eut un moment où notre « volée » réapparut un peu. Vous ne devinez pas ? La Renaissance : Giordano Bruno, c’est nous. Giordano Bruno, en plus de ce qui est connu de son histoire, créait dans ses voyages à travers l’Europe des noyaux, des noyaux de disciples, très proches de ce que nous sommes. Ce fut une tentative non seulement de mettre un point final au Moyen Âge, mais de donner l’impulsion à quelque chose qui ne devait porter ses fruits qu’aux XIXᵉ et XXᵉ siècles. Retourner la conscience. Encore une tentative pour préparer le terrain à la naissance de la sixième sous‑race de la cinquième race. Giordano Bruno, nous ne faisons pas que le réhabiliter. C’est un autre de nos martyrs. Mais c’est un homme qui, au tournant des XVIᵉ et XVIIᵉ siècles (il a vécu, imaginez, à un tournant de siècle analogue au nôtre), a en réalité créé une Acropole, sans l’appeler ainsi. Et en se cachant de l’Inquisition. Le nom secret de cette école est inconnu. Mais HAL en parle dans son livre « L’Alchimiste ». Il y parle des noyaux qui se cachaient de l’Inquisition au point que presque personne ne les connaissait, mais qui accomplirent un travail immense, au point que les historiens eux‑mêmes peuvent aujourd’hui parler de la Renaissance. [...] À l’Acropole, il circule des rumeurs, l’hypothèse que Giordano Bruno fut l’une des incarnations du Maître Shri Rama, le Maître de HAL.

[...] Feuilletez les livres, regardez les photographies, lisez les souvenirs des philosophes. Et si vous reconnaissez des phrases familières, alors c’est nous.

[...] Nous arrivons aux XVIIᵉ, XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles. La franc‑maçonnerie dans ses divers courants (ce ne sont pas les nôtres), ainsi que la doctrine rosicrucienne traditionnelle (mais non l’Ordre AMORC, fondé au début du XXᵉ siècle), furent une tentative de la hiérarchie pour reconquérir certains éléments initiatiques présents aux cours des XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles. Les francs‑maçons, ce ne sont pas les nôtres, et les rosicruciens non plus, mais cela fut également une impulsion de la hiérarchie.

[...] HAL écrit ensuite sur les francs‑maçons et les rosicruciens (mais attention : pas l’Ordre AMORC, il existe un Ordre rosicrucien AMORC qui au XXᵉ siècle prodigue des « initiations » par courrier, et aujourd’hui aussi par Internet, ce ne sont pas ces rosicruciens‑là qui furent une tentative de la hiérarchie) :

« Mais ces tentatives furent aussitôt faussées et dégénérèrent en formes hautement politisées, agissant sous l’influence très forte du positivisme des Lumières et du marxisme. (Ce sont eux qui ont ensuite engendré positivisme et marxisme. – E.S.) Ces derniers courants naquirent eux‑mêmes d’une vision trop intellectuelle et beaucoup trop théorique du monde et, par leur essence, étaient tout à fait opposés à la véritable doctrine ésotérique traditionnelle. L’Occident comme l’Orient étaient saturés de courants de ce genre, qui étudiaient en toute chose les phénomènes les plus superficiels, au lieu de leur véritable essence intérieure et de leurs structures. Et à ce moment‑là (XIXᵉ siècle, ce sont déjà les nôtres qui arrivent. C’est une sous‑famille, ce n’est pas nous directement, mais les nôtres, de notre lignée. Écoutez comment écrit HAL. – E.S.) apparaît H.P.B., entourée d’une foule d’antiques vieilles âmes qui ont répondu au nouvel appel de la hiérarchie. Ainsi fut fondée la Société Théosophique.

Malgré son succès initial, ce mouvement commença ensuite à se mêler dangereusement à des éléments d’anarchie chaotique provenant de la face obscure du processus de restauration. Lassée de lutter constamment contre les calomniateurs et les médisants, et de subir sans cesse de rudes coups venant de son propre entourage, H.P.B., dans ses livres, et en particulier dans son œuvre magistrale, synthèse de tous les enseignements, « La Doctrine secrète », décide de s’adresser non seulement à son temps et à ses contemporains, mais surtout aux esprits qui vivront au XXᵉ siècle, siècle qu’elle ne verra jamais physiquement. (H.P.B. et les théosophes, nos frères, notre famille, préparaient en réalité notre travail. – E.S.)

Après ses longs et énigmatiques voyages, dont nous savons en vérité très peu de choses, elle trouve refuge à Londres afin, entourée de quelques dames d’origine aristocratique, ses disciples, d’achever sa grande œuvre. Dans celle‑ci, avec l’aide des Maîtres de sagesse, elle réalise la synthèse de toutes les connaissances et de toutes les expériences de vie, de tout ce qu’elle a réussi à conquérir et à sauver de l’oubli, de tout ce qu’elle enseignait à Adyar et en d’autres lieux de la planète.

La “Doctrine secrète” fut préparée pour un public spirituellement préparé, mais les éléments les plus cachés furent réservés à l’école ésotérique naissante, qui, à une période de son existence, maintint un lien avec la Société Théosophique. Après la mort de la Maîtresse de H.P.B., il devint très difficile de conserver ce lien, à cause de l’apparition, au sein de la Société Théosophique, de la soi‑disant Église catholique libérale, courant de gauche, porteur d’une tendance à moderniser les enseignements traditionnels, et aussi à cause de l’apparition, au sein de la Société Théosophique, de la soi‑disant Branche d’or – un courant politique de droite, au sein duquel naît l’idée de conquérir le monde par l’assaut et par la force, et d’y imposer rapidement certains principes initiatiques.

De l’Église catholique libérale naissent divers mouvements : l’anthroposophie, l’École Arcane, ainsi que l’Étoile d’Orient, à la tête de laquelle se trouva alors l’enfant prodige Krishna, aujourd’hui connu sous le nom de Krishnamurti, pire ennemi de toute société de quelque type que ce soit, à l’exception, bien sûr, de la sienne, qui subsiste encore sous la forme d’une grande maison d’édition internationale.

Au sein de la Branche d’or apparaît, puis passe en Europe, un courant appelé Loge de Thulé, à propos duquel il existe déjà assez d’informations, au moins exotériques, et qui a donné l’impulsion et la doctrine au mouvement politique qu’on appelle aujourd’hui sous le nom général de “nazisme”, avec tous les tristes prologues et épilogues bien connus qui découlent de son action. »

[...] La tâche de la Société Théosophique était, en plus de transformer totalement les critères de la vie pour que les hommes se tournent vers l’éternel et vers les critères supérieurs, de créer, de ressusciter les grands mystères. C’est aussi notre tâche. Et, grâce à l’insistance de H.P.B., fut créée une école ésotérique avec des disciples choisis, spécialement préparés, etc., auxquels les grands Maîtres Morya et Koot Hoomi enseignaient directement, leur donnant une doctrine pour qu’ils puissent la transmettre au maillon suivant de la chaîne, c’est‑à‑dire à nous. Le problème est que les personnes qui entrèrent à l’école ésotérique n’avaient pas été éprouvées jusqu’au bout sur le non‑égoïsme, l’ambition, l’avidité. Elles n’avaient pas non plus été suffisamment éprouvées dans leur capacité de sacrifice et d’offrande. Et il se produisit que certains membres de la loge ésotérique commencèrent à abuser des connaissances qu’ils avaient reçues. Et, sortant ou étant expulsés de l’école ésotérique, ils commencèrent à fonder leurs propres courants, qui continuaient à fonctionner à l’intérieur même de la Société Théosophique.

Et, tristement, le résultat du travail de l’école ésotérique, le résultat non désiré de ces membres qui en furent expulsés, fut, d’une part, l’Église catholique libérale, avec Leadbeater, qui continua d’y agir comme un État dans l’État, et qui entraîna les théosophes dans des impasses de pseudo‑christianisme, de christianisme ésotérique, que plus aucun Maître ne voulut ensuite soutenir. Alors qu’à l’origine, Leadbeater était un disciple accepté et recevait directement l’enseignement de Blavatsky et des grands Maîtres.

Et, aussi étrange que cela puisse paraître, de ce courant pseudo‑ésotérique chrétien de l’Église catholique libérale naissent des courants de gauche qui conduisent ensuite, entre autres, au communisme. Parmi ceux‑ci, l’anthroposophie pseudo‑ésotérique de Steiner, entièrement volée à l’école ésotérique et à H.P.B., et entièrement déformée par les théories personnelles de Steiner. Sur ce fait, je vous donne ma parole : l’anthroposophie n’a jamais été une impulsion de la hiérarchie, jamais. Ce fut très probablement un abus, après que Steiner eut quitté l’école ésotérique de la Société Théosophique et trahi Blavatsky.

Et la fameuse Étoile d’Orient, tentative ratée d’avatar de Krishnamurti, qui se sépare de l’école ésotérique, refusant de prendre pour base le service du bien commun. On y prélève une partie de l’enseignement de l’école ésotérique, pour enseigner ce qu’on appelle la doctrine de l’évolution individuelle : il ne faut entrer dans aucune organisation, chacun doit conserver sa liberté et évoluer individuellement, c’est‑à‑dire atteindre tel ou tel degré occulte. C’est Krishnamurti, qui parle de tous les aspects, de la morale, etc., uniquement sur le plan individuel. Et le problème, c’est que ce rejet des impulsions collectives, du travail collectif, est survenu après qu’il eut échoué aux épreuves correspondantes. Il devait avoir un rôle quasi avatarique, il échoua et, après cela, il commença à nier catégoriquement tout ce qui relève d’un travail collectif au service de l’humanité.

Et la conséquence la plus triste de l’école ésotérique de la Société Théosophique. L’enseignement déformé des personnes qui en furent expulsées engendre la fameuse Branche d’or, au sein de laquelle naît la Loge de Thulé. Le nazisme, avec toutes les conséquences sombres, destructrices, effroyables qu’il a entraînées. L’idée centrale de la Branche d’or et de la Loge de Thulé étant : les mystères initiatiques sont bons, pour le bien de la civilisation, mais les gens ne savent pas ce qui est bon pour eux, il faut donc le leur imposer par la force. Et la falsification commença, depuis Platon jusqu’à tous les éléments de l’anthropogenèse et de la cosmogénèse. Et la triste Seconde Guerre mondiale, qui en réalité fut une guerre entre les frères de lumière et les frères des ténèbres, entre la hiérarchie de lumière et la hiérarchie de ténèbres. Il vaut mieux ne pas s’y attarder. Mais l’une des tristes conséquences que nous ressentons encore aujourd’hui est que certains symboles très cachés, certaines couleurs, certaines formes, etc., ont été si profondément pervertis par des magnétismes destructeurs que nous, qui venons après eux (et cela vient de la Théosophie, en réalité), sommes obligés d’en souffrir, parce qu’on nous accuse de nazisme. Alors que ces formes sont initiatiques, on ne peut pas les changer, il faut aujourd’hui les purifier, les nettoyer de toute la charge qui fut activée pendant la Seconde Guerre mondiale et avant elle.

Et après ces tristes conséquences qu’a réellement laissées l’école ésotérique, HAL tire la conclusion suivante :

« Les mâchoires de fer du XXᵉ siècle, siècle dont beaucoup avaient tant rêvé et qui a apporté tant de déceptions, ont, d’une manière ou d’une autre, broyé en poussière et conduit à l’échec complet les diverses formes d’ésotérisme. Non seulement celles qui étaient accessibles aux hommes ; elles ont piétiné la véritable ésotérie secrète, au sens exact de ce mot. L’école ésotérique, qui avait survécu et tenu bon malgré tout, ne croissait déjà plus et ne se développait plus, écrasée par l’inertie de la Société Théosophique, qui, pendant un demi‑siècle, fut l’unique voie menant à ses portes. Comme la Société Théosophique se trouvait depuis longtemps dans un état de déclin et de désagrégation, l’école ésotérique ferma officiellement ses portes au milieu de l’année 1950. J’avais alors 19 ans. Et bien que je fusse déjà formé et modelé selon les canons et les lois de l’école ésotérique, moi‑même je n’en sus rien pendant longtemps. Il se trouve que, lorsque l’école ferma, moi, qui me trouvais alors dans les rangs de la Société Théosophique et étais déjà responsable de sa section argentine, je célébrai intérieurement ce fait de la fermeture. Car il me semblait à l’époque que l’école elle‑même n’était qu’un refuge énigmatique pour de vieux végétariens. En vérité, le fait même de la fermeture de l’école ne fut jamais rendu public. On peut même dire que l’école est morte dans un silence bien plus profond que lorsqu’elle naquit. »

[...] J’espère que vous avez compris ceci : il existe une règle générale de la hiérarchie, à toutes les époques et en tout temps, en particulier dans les périodes charnières, dans les temps de trouble, quand est donnée l’impulsion pour une nouvelle ère et que, simultanément, avec cette impulsion, se tente une résurrection des mystères, grands ou petits, sous telle ou telle forme. Il faut toujours un intermédiaire par lequel ces mystères non seulement puissent renaître, mais puissent se transmettre. Les intermédiaires ne peuvent être nombreux. Il ne peut y avoir qu’un seul intermédiaire pour un siècle. Un seul. C’est la loi de la hiérarchie. L’intermédiaire ne peut être qu’une seule famille, un seul groupe, que l’on juge digne de mériter cette impulsion et de créer formes et modèles. Pour cela, il doit créer ce qu’on appelle une école de disciples, entre guillemets, qui, dans l’avenir, mènerait à l’école ésotérique. Et, en ce sens, cette loi est stricte et n’a jamais connu d’exception. De même que l’intermédiaire ne peut être qu’un seul groupe, une seule « volée », une seule impulsion, l’intermédiaire lui‑même, entre les Maîtres et les hommes, entre les mystères et les disciples, ne peut être également qu’une seule personne.

Au XIXᵉ siècle, la tâche était la suivante. Il existe un canal permettant aux hommes d’accéder aux mystères. Ce canal, c’est la Société Théosophique. Si ce canal se montre digne, on ouvre l’école ésotérique. Et si n’importe quel homme sur cette planète veut entrer dans les mystères, il doit entrer à la Société Théosophique. Ce n’est que par ce canal, uniquement en entrant à la Société Théosophique, qu’au XIXᵉ siècle s’ouvraient pour lui les portes des mystères. Et il n’y eut également qu’un seul intermédiaire entre les Maîtres et les disciples au XIXᵉ siècle : H.P.B. Pour que les Maîtres puissent ensuite reconnaître comme disciples acceptés ce même Olcott, Besant, Leadbeater, et bien des théosophes inconnus de nous (mais plus dignes que Leadbeater et la compagnie de Besant), il fallait que H.P.B. soit vivante. Par ses soi‑disant fluides, sa soi‑disant aura. Et il fallait, si H.P.B. mourait, qu’émerge une personne capable d’accomplir la même mission. Et l’échec de la Société Théosophique, ésotériquement, tint au fait qu’il n’y eut pas une telle personne, premièrement. Que personne, en ce sens, ne put remplacer H.P.B., pas même Olcott. Car c’est là une chose terrible, qui implique énormément de souffrances. Et que la Société Théosophique ne fut pas bâtie comme un canal de transmission. C’est pourquoi, comme l’écrit HAL, l’école ésotérique mourut comme elle avait été ouverte. Parce que la Société Théosophique, qui en était le porteur, n’a pas su créer un canal entre les hommes et les préparer à cette école. Les préparer du point de vue du service, du sacrifice, etc. Et il est notoire, comme HAL l’écrit dans sa biographie, que HAL fut le dernier disciple de l’école ésotérique. Elle ferma ses portes en 1950, et HAL fut son dernier élève, bien qu’il l’ait ignoré longtemps.

Un nouveau siècle est venu, un nouveau millénaire même. À la fin de chaque siècle, pendant 25 ans, la hiérarchie donne une impulsion pour qu’une tentative semblable soit de nouveau faite. Et aujourd’hui, même si nous ne le disons pas aux membres, pour ne pas paraître vaniteux, etc., mais au XXᵉ siècle, l’unique canal vers les Maîtres, c’est l’Acropole. De la même manière qu’au XIXᵉ siècle, c’était la Société Théosophique. C’est notre famille. Le seul canal, et les seuls à qui l’on ait donné le droit de subir les épreuves afin de mériter une école ésotérique, c’est l’Acropole. Et si l’un des quatre ou cinq milliards d’êtres humains vivant sur la Terre veut accéder aux mystères, il doit venir à l’Acropole. Et passer par tous les degrés, en commençant par le programme blanc, le premier cycle, pour parvenir aux Forces vives. Car, pour que quelqu’un, dans une vie future, puisse ne serait‑ce que rêver des mystères, le premier degré qu’il doit mériter, ce sont les Forces vives. Et les Forces vives sont ce maillon de la chaîne qui manquait à la Société Théosophique. Il manquait un processus long de mise à l’épreuve : l’amour, le non‑égoïsme, le désintéressement, le sacrifice et le service. Les Forces vives, c’est cette chaîne d’épreuves.

[...] Malheureusement, nous non plus n’avons pas mérité l’école ésotérique, cela est évident, bien que l’échéance approche. Car, pour qu’une école ésotérique puisse être ouverte, il faut des disciples prêts. Or, en dehors de HAL et de Délia, il n’y en a pas, et c’est déjà un échec. Et maintenant il existe un grand rêve. L’échec n’est pas définitif. Non pas pour nous, mais afin que nous puissions remplir la mission (et je vais vous lire quelques passages des lettres des Maîtres au sujet de cette mission), il faut maintenant créer une école de disciples. Nous devons devenir des disciples, au sens le plus profond et le plus large du mot.

[...] L’Acropole a exactement la même finalité que la Société Théosophique. Gardez à l’esprit que toute famille, toute école de ce type, envoyée dans le monde comme impulsion des Maîtres, est bien sûr soumise à l’épreuve. Afin de vérifier si elle est digne ou non de continuer. Et, d’après vous, combien de temps dure un cycle d’épreuve pour une école ? Sept ans pour un cycle d’épreuve, puis on fait le bilan. Ensuite, sept autres années pour un autre cycle d’épreuves, puis on refait le bilan. Et j’aimerais commencer par une lettre écrite par les Maîtres Koot Hoomi et Morya à l’occasion de la fin des sept premières années d’épreuves dans la Société Théosophique. [...]

« Le 17 novembre de cette année, la période d’essai de sept ans accordée à la Société (il s’agit de la Société Théosophique. Ce qui leur fut dit nous concerne aussi, d’une manière ou d’une autre. Soit nous l’avons, soit nous ne l’avons pas. – E.S.) lors de sa fondation pour nous présenter avec prudence au monde, arrive à son terme. Un ou deux d’entre nous espéraient que le monde avait suffisamment progressé intellectuellement, sinon intuitivement, pour qu’une doctrine occulte puisse obtenir une reconnaissance intellectuelle et l’élan pour un nouveau cycle de recherches occultes. D’autres, plus sages, semble‑t‑il maintenant (il s’agit d’autres Maîtres, les plus sages au sein de la grande Loge blanche. – E.S.), avaient un avis différent. Mais le consentement à l’épreuve fut donné. À condition toutefois que la tentative fût réalisée indépendamment de notre intervention personnelle (c’est ce qu’écrivent les Maîtres. – E.S.), qu’aucune ingérence supranormale de notre part n’ait lieu. (De même, les Maîtres n’interviennent pas directement dans notre travail. – E.S.)

Après avoir cherché, nous trouvâmes en Amérique un homme apte à devenir chef. Un homme d’un grand courage moral, désintéressé, et doté d’autres grandes qualités. Il était loin d’être le meilleur possible. Il était le meilleur que l’on pût trouver. (Ils parlent d’Olcott. – E.S.) Nous lui associâmes une femme aux dons les plus exceptionnels et merveilleux. En même temps, elle avait de grands défauts personnels. Mais, telle qu’elle était, elle demeura sans égale, car il n’existait personne de plus apte qu’elle pour cette tâche. Nous l’envoyâmes en Amérique (voyez comme ils travaillent ! – E.S.), nous les réunîmes, et l’épreuve commença. (Peut‑être nous a‑t‑on aussi réunis ? Comment autrement ? Lisez entre les lignes. – E.S.) Dès le début, on leur indiqua, à elle comme à lui, que l’issue dépendrait entièrement d’eux. Et tous deux se proposèrent pour cette épreuve, en échange d’une certaine récompense dans un lointain avenir. Comme le disait souvent K.H., tels des soldats qui se portent volontaires pour une cause désespérée. (De même, HAL s’est offert, et nous avec lui, comme soldats volontaires pour une cause désespérée. Écoutez attentivement. – E.S.)

Depuis six ans et demi, ils luttent contre des forces si inégales qu’elles auraient découragé quiconque n’eût pas travaillé avec le désespoir de celui qui a mis sa vie et tout ce qui lui est cher dans un effort suprême et désespéré. Leur succès a été inférieur aux espérances de leurs premiers inspirateurs, quoique phénoménal à certains égards. Encore quelques mois, et la période d’essai sera close. (Écoutez, cela nous concerne aussi. – E.S.) Si, d’ici là, la situation de la Société à leur égard (il s’agit de la question des Frères. – E.S.) n’est pas définitivement réglée – soit en excluant ce sujet du programme de la Société, soit en l’acceptant à nos conditions –, alors ce sera le dernier mot qui sera dit sur les Frères, de toutes formes, de toutes couleurs, de toutes tailles et de tous degrés. [...] »

Et ils n’y sont pas parvenus. Et, comme les Maîtres l’avaient promis, ce fut le dernier mot à propos des Frères, de toute forme, de toute couleur et de tout niveau. L’effort fut interrompu jusqu’à l’Acropole, littéralement. Et, à l’Acropole, il est encore en suspens. Voilà ce qu’ils disent : jusqu’à la prochaine période septénaire ; si les circonstances sont alors plus favorables, on reparlera peut‑être de ce qu’il est possible de faire. Jusqu’ici, quels que soient les efforts fournis, on n’a pas encore réussi à secouer suffisamment les choses, à manifester une telle force de pureté et de sacrifice pour que cette interdiction soit levée. Et pourquoi l’an 2000 est‑il important ? Parce que c’est justement la fin du nouveau cycle de sept ans qui avait été convenu avec HAL dès le début. Peut‑être, si nous le méritons, pourra‑t‑on de nouveau évoquer la possibilité, même minime, d’une participation directe des Maîtres à la vie du monde et de l’homme, comme ce fut le cas au XIXᵉ siècle. Mais cela doit encore être mérité.

[...] En réalité, si nous voulons entrer dans une nouvelle ère et donner l’impulsion à la sixième sous‑race de la cinquième race, il existe une idée fondamentale : la fraternité des âmes sauvera le monde. La fraternité des âmes, qu’il faut éveiller et faire vivre de toutes les façons possibles, comme nous savons et comme nous pouvons, c’est notre tâche vis‑à‑vis de notre devoir dans le monde extérieur. Et la fraternité des âmes au sein du noyau qui doit devenir le porteur des mystères et le porteur de la vérité. Et, aussi étrange que cela paraisse, le critère principal pour devenir porteur des mystères et porteur de la future école ésotérique, c’est la fraternité entre ceux qui forment aujourd’hui le noyau de l’école.

[...] Nous ne sommes pas des âmes aussi anciennes, aussi vieilles, aussi préparées que celles qui entouraient H.P.B. C’est évident. L’exemple le plus parlant commence par moi. En dehors de HAL et de Délia, nous mijotons tous dans la même marmite. [...] Oui, nous sommes de petites âmes. Oui, nous sommes faibles. Nous n’avons ni initiés, ni disciples acceptés. Mais il existe une grande chose qu’on appelle des vases communicants. C’est‑à‑dire qu’il y a derrière nous de grandes entités. Non seulement HAL et Délia, mais aussi de grands Maîtres. Et si la cause l’exige – et elle l’exigera, c’est certain –, alors chaque petit disciple, même s’il n’est pas accepté, peut devenir le canal de la force d’une grande, ancienne et antique âme. Sans être lui‑même une telle âme. Et si nous sommes petits et pas anciens nous‑mêmes, nous pouvons cependant transmettre une force que nous ne possédons pas. Et c’est là toute l’essence de nos mystères cachés, toute l’essence de notre tâche. Par nous‑mêmes, avec nos seules forces, nous ne ferons évidemment rien. Mais devenir disciple, c’est‑à‑dire devenir vase, devenir canal de l’âme et de la force de quelqu’un de plus élevé et de plus vrai, voilà où se trouve notre salut, et le salut de ceux pour qui nous œuvrons. Ainsi, non seulement l’espoir n’est pas perdu, mais au contraire, là se trouve l’espoir ; sinon, il ne nous resterait qu’à aller nous pendre au premier arbre venu.

[...] L’école de disciples, c’est une grande force. Cette lumière, dont nous devons devenir les conducteurs, c’est exactement cela. [...] C’est elle qui donne à toute la mission la force de tenir et de n’être pas qualifiée de nouvelle tentative avortée, comme ce fut le cas pour la Société Théosophique aussitôt après la mort de H.P.B. HAL est déjà parti, et nous tenons encore. Pardonnez‑moi, mais c’est un progrès immense, on n’avait encore jamais vu cela dans l’histoire. Grâce au fait qu’il y a Délia. Et après, quoi ? Il faut continuer la chaîne, autrement, adieu la mission. L’impulsion de la sixième race attendra encore Dieu sait combien de temps. Les hommes continueront à végéter dans leur chaos, leur désarroi, sans critères, sans bien des choses…

[...] La mission théosophique, comme la nôtre – HAL nous l’a souvent répété –, les Maîtres l’appelaient une entreprise désespérée. Et c’est de la même façon qu’ils appelaient la mission de HAL : une entreprise désespérée. Pour que vous soyez bien conscients que tout ce que nous faisons aujourd’hui est une entreprise désespérée. C’est le cri d’une voix qui crie dans le désert. Je lis, dit le Maître K.H.

« Que voulais‑je dire par entreprise désespérée ? Cela signifie ceci. Si l’on considère les grandes tâches qui se dressent devant nos volontaires théosophes, surtout si l’on regarde la multitude de forces actives déjà rangées en ordre de bataille, ou prêtes à s’y ranger, pour s’opposer à eux (nous n’en sommes pas encore là, mais cela nous attend, sachez‑le. – E.S.), on peut assurément assimiler la sortie des théosophes à ces efforts désespérés dirigés contre l’écrasante supériorité de l’ennemi, tels qu’osent les entreprendre de vrais soldats au nom de la gloire. Vous avez bien fait de discerner un grand but dans le petit commencement de la Société Théosophique. (Je peux vous dire la même chose, comme si les Maîtres s’adressaient à nous : vous avez bien fait de comprendre que, dans les petits commencements de l’Acropole, dans tout petit commencement, toute petite direction, toute petite affiche, se cache un grand but, une entreprise désespérée. – E.S.) Bien sûr, si nous avions pris nous‑mêmes en charge sa fondation et sa direction, il est bien possible qu’elle eût été plus parfaite et eût commis moins d’erreurs. Mais nous ne pouvions pas le faire. Et cela ne faisait pas partie de nos plans. La tâche fut confiée à deux de nos agents (de même que HAL et Délia pour nous. Là‑bas Olcott et Blavatsky, ici HAL et Délia. – E.S.), et il leur fut donné de faire tout ce qu’ils pourraient dans les circonstances, quoi qu’il advînt dans le monde extérieur, quels que fussent les obstacles du monde extérieur. Et beaucoup a été fait (on peut dire la même chose pour l’Acropole. – E.S.). Sous la surface du spiritualisme, un courant en expansion se fraye un chemin. Quand il apparaîtra au grand jour, son effet sera évident. Nombre de pensées, semblables aux vôtres, méditent déjà sur la question des lois occultes, poussées à le faire par votre œuvre, par votre agitation. Comme vous, elles ne se satisfont pas de ce qui a été obtenu jusqu’ici et exigent quelque chose de meilleur, de plus élevé. Que cela vous réconforte. (Comme si l’on nous parlait, n’est‑ce pas ? – E.S.) L’union fait toujours la force. Et comme l’occultisme, de nos jours, évoque une entreprise désespérée, l’union et la coopération sont nécessaires. L’union signifie à vrai dire la concentration des énergies vitales et magnétiques contre les courants hostiles de préjugés et de fanatisme. »

[...] « Si, durant des générations, nous avons préservé le monde de la connaissance – de notre connaissance –, ce n’est que parce qu’il était absolument non préparé. Et si, malgré les preuves données, ce monde refuse encore de céder à l’évidence, alors, à la fin de ce cycle (il s’agit de l’an 2000. – E.S.), nous nous retirerons de nouveau dans la retraite et dans notre royaume de silence. [...] Des générations innombrables ont construit de grands temples de rocs inébranlables, une tour gigantesque de pensée illimitée, où le Titan a habité et habitera. S’il le faut, il y habitera seul, n’en sortant, à la fin de chaque cycle, que pour inviter les élus de l’humanité à coopérer avec lui et l’aider à éclairer l’homme superstitieux. (Voilà la fin de chaque cycle, quand le Titan entre guillemets doit sortir, si le sol a été préparé pour lui. – E.S.) Et nous continuerons ce travail périodique. Nous ne nous laisserons pas troubler dans nos efforts philanthropiques tant que les fondations d’un nouveau monde de pensée ne seront pas bâties avec une telle solidité qu’aucune quantité d’opposition ni de ruse ignorante, dirigée par les frères des ténèbres, ne pourra les vaincre. Mais avant ce jour du triomphe final – et il viendra forcément, si nous œuvrons ensemble –, quelqu’un devra être sacrifié. Bien que nous n’acceptons que des sacrifices volontaires. (Maintenant il parle de H.P.B. – E.S.) La tâche ingrate l’a humiliée, l’a conduite à la ruine, à la souffrance et à l’isolement. Mais elle recevra sa récompense dans une vie future, car jamais nous ne sommes ingrats. »

Voilà le problème. La question ne dépend pas de nous, elle dépend d’eux. Eux se battent, ils ne cesseront pas de se battre. Mais jusqu’à ce jour‑là (ils savent quand il viendra, et c’est pour ce jour qu’ils combattent), il faut des hommes qui se laisseront sacrifier, qui combattront avec eux. Telle est la tâche de l’Acropole au XXᵉ siècle. Et voyez dans quel contexte – c’est déjà mon commentaire. L’an 2000 est l’année où ce fameux Titan, dans ce grand temple (c’est un symbole, ne me demandez pas ce que c’est, je n’en sais rien, c’est un grand mystère), peut, ou est prêt à, sortir, pour livrer certaines choses qui n’ont jamais été données à l’humanité. Mais il est peu probable qu’il sorte, parce que le terrain n’est pas préparé.

Et imaginez, par rapport à cette tâche immense, quelles absurdités que nos doutes, nos faiblesses ! Aujourd’hui je peux, demain je ne peux plus, me fabriquer tel ou tel état, je ferai ou je ne ferai pas, je dormirai ou je ne dormirai pas, je mangerai ou je ne mangerai pas, je sais ou non travailler avec les gens, je suis dans ma direction ou pas dans ma direction – ce sont des idioties pures ! Des idioties ! Alors que les hommes ont besoin de tout dépassement noble de soi au nom de la cause commune, du bien commun de l’humanité. Et nous, nous allons geindre et demander encore : nous ferons ou non, avons ou n’avons pas, ont‑ils le droit de nous traiter ainsi ou non, etc. Vous voyez jusqu’à quel point tout cela est idiot et ridicule ! J’espère avoir été claire.

Je continue à citer. Il parle de H.P.B., et moi je vous dis : tout ce qui est dit d’elle, on peut le dire de HAL et de Délia, pour comprendre un peu leur grand sacrifice. Où ces personnes sont allées et comment elles se sont offertes. Le Maître K.H. écrit. Il s’agit de H.P.B.

« J’ai douloureusement conscience que l’incohérence habituelle de ses affirmations, surtout lorsqu’elle est émue, et son comportement étrange, à votre avis, font d’elle une transmettrice fort peu souhaitable de nos messages. (Quand tout le monde s’est dressé contre H.P.B. et disait qu’elle avait quantité de défauts et qu’elle ne pouvait pas diriger la Société Théosophique. Écoutez la suite. – E.S.) Néanmoins, chers frères, vous la verrez peut‑être tout autrement (et voyez maintenant HAL et Délia tout autrement. – E.S.), si vous connaissez la vérité. Si l’on vous dit que cet esprit déséquilibré, l’absurdité apparente de ses paroles et de ses idées, son excitation nerveuse, en un mot tout ce qui est considéré comme troublant la quiétude de ceux qui pensent avec sobriété, dont les idées de retenue et de convenances sont choquées par les étranges éclats de son tempérament, et tout ce qui vous répugne en elle – si l’on vous dit qu’en rien de tout cela elle n’est coupable. Bien que le moment ne soit pas encore venu de vous initier tout à fait à ce mystère, que vous ne soyez pas encore prêts à comprendre ce grand mystère, même si on vous le racontait, en raison de la grande injustice et de l’offense commises à son égard, j’ai reçu pouvoir de vous laisser jeter un regard au‑delà du voile. Son état est étroitement lié à sa formation occulte dans les cryptes du Tibet et vient du fait qu’elle a été envoyée seule dans le monde pour préparer progressivement la voie des autres. (Écoutez bien. – E.S.) Après presque un siècle de recherches infructueuses, nos chefs ont dû utiliser l’unique possibilité d’envoyer une Européenne sur le sol européen, afin de créer un lien entre leur pays et le nôtre.

(Des siècles durant ils ont cherché une personne et ils ont trouvé H.P.B. au XIXᵉ siècle, et HAL au XXᵉ. Des siècles de recherche, pour qu’au XIXᵉ vienne H.P.B., qu’au XXᵉ vienne HAL, et que soient fondés la Société Théosophique et l’Acropole. N’est‑ce pas une raison pour que nous nous occupions un peu moins de nos bêtises ? Des siècles de recherche ! – E.S.)

Comprenez‑vous ? Bien sûr que non. Alors, souvenez‑vous, je vous en prie, de ce qu’elle tentait de vous expliquer et que vous avez plutôt bien assimilé : le fait des sept principes de l’être humain parfait. Aucun homme ni aucune femme, à moins d’être un initié du cinquième cercle, ne peut quitter la région de Bod‑Lhas (c’est‑à‑dire la région de l’Île où résident les Maîtres. – E.S.) et revenir dans le monde dans son intégralité. Au moins l’un de ses satellites doit rester, pour deux raisons : la première, pour former le lien nécessaire, le canal de transmission ; la seconde, comme meilleure garantie que certaines choses ne seront jamais divulguées. H.P.B. ne fait pas exception à cette règle. »

Ni vous ni moi ne comprendrons jamais ces mystères qui se soulèvent ne serait‑ce qu’un peu ici. Un messager du type de H.P.B. ou de HAL, préparé par les Maîtres (souvenons‑nous de la biographie de HAL, souvenons‑nous encore une fois de tout ce qu’il a dû traverser), ne peut pas revenir dans le monde complètement, tout entier. Une partie de sa personnalité, de sa personne, reste toujours là où sont les Maîtres ; il se trouve comme un Christ crucifié. Il ne peut se détendre. Une partie de lui demeure parmi eux, car il faut créer le lien entre l’Île et le monde des hommes. Et il sert de garant. Si une partie des secrets qui lui ont été confiés se trouve révélée, c’est le messager qui périt. Il demeure donc, d’un côté, comme otage : si la mission échoue, le karma retombe sur moi et sur mes épaules. De l’autre, comme unique canal possible.

Ceci explique ce que je vous disais plus tôt : il ne peut y avoir beaucoup de canaux. Deux personnes ont été cherchées pendant des siècles – H.P.B. et HAL. C’est un fardeau, une croix que tout le monde ne peut supporter. Et imaginez ce que vit aujourd’hui Délia, qui a hérité de cela sans avoir été préparée dans les cryptes ! Et je pense que cela suffit, au minimum, à nous donner une raison de faire un peu moins de bêtises et de penser un peu moins à nous‑mêmes.

[...] Ceci nous concerne nous aussi. À la Société Théosophique, on n’a pas réussi ; voici la tentative suivante. Ce que l’on disait aux théosophes, on le dit à nous. Maître Koot Hoomi, Lettres des Maîtres.

« Des éléments phénoménaux, qu’on n’avait auparavant ni envisagés ni même rêvés (je le répète, l’an 2000 est lié à cela. – E.S.), vont bientôt commencer à se manifester jour après jour, avec une force sans cesse croissante, et dévoiler enfin les secrets de leurs actions les plus cachées. Platon avait raison : les pensées gouvernent le monde. Et lorsque l’esprit humain recevra de nouvelles pensées (Dieu veuille que l’esprit humain reçoive de nouvelles pensées en l’an 2000 ; cela dépend de nous. Cela dépendait des théosophes, mais ils n’y sont pas parvenus. – E.S.), alors, se débarrassant des anciennes, stériles, le monde commencera à accélérer son développement. De puissantes révolutions éclateront sous leur impulsion. Les croyances et même les États se désagrégeront devant leur mouvement ascendant, écrasés par cette force irrésistible. Lorsque le temps viendra, il sera aussi impossible de résister à leur afflux que d’arrêter le courant d’un fleuve. Mais tout cela viendra peu à peu. Et avant que cela n’advienne, nous devons accomplir le devoir qui nous a été assigné. (Écoutez bien, il parle de nous. Nous devons accomplir le devoir qui nous a été assigné. – E.S.) Écarter autant que possible les détritus, les ordures, laissés derrière eux par nos pieux ancêtres. De nouvelles idées doivent être plantées sur des terrains vierges. (Cela ne vous révèle‑t‑il pas la raison d’être des maisons de vie ? Plus il y a de lieux purs, plus il y a de chances que quelque chose réussisse. Et notre tâche est de créer des lieux purs, des maisons de vie, dans lesquels tout ce qu’il y a de pur dans la nature humaine – au niveau des états moraux, des vertus, etc. – soit sauvegardé, ainsi que tout ce qui est pur dans la sagesse universelle, tout ce qui est pur dans le code d’honneur. – E.S.) [...] Les Mahatmas plus âgés désirent que soit jetée la base d’une fraternité de l’humanité, une véritable fraternité mondiale, qui doit se manifester sur toute la terre et attirer l’attention des esprits les plus élevés. »

Voilà la tâche, voilà l’entreprise désespérée. Une fraternité mondiale qui doit se manifester sur toute la planète, d’où la Nouvelle Acropole partout dans le monde, et des lieux purs, et l’exigence d’attirer l’attention des esprits les plus élevés de l’extérieur. Non pas par l’occultisme ni par des phénomènes parapsychologiques, mais par la fraternité, la pureté, un regard neuf sur le monde, une nouvelle manière de vivre. Si nous n’attirons pas l’attention des esprits les plus élevés, et que nous tournons en rond entre nos quatre murs, on pourra considérer que notre tâche n’est pas accomplie. Il est très important que nous nous en souvenions. [...]